VOCABULAIRE DU THÉÂTRE

VOCABULAIRE DU THEATRE

VOCABULAIRE DU THEATRE

vocabulaire théâtre Dom Juan

  • Action : “ce qui se passe” au cours de la pièce, à la fois sur scène (et donc visible) et hors de la scène (dans les coulisses). Suite des événements montrés ou racontés.
  • La fable : l’assemble de l’action dont le déroulement chronologique peut être formulé comme un récit. “Phèdre ou Roméo et Juliette est l’histoire de…”
  • Acte : division de la pièce héritée du théâtre classique (Corneille, Racine, Molière) et soulignant les principales articulations de la fable.
  • Didascalies : le terme d’origine grecque désignait initialement les cahiers de consignes données aux acteurs avant la représentation. Les didascalies, dans le sens courant, sont les indications scéniques figurant dans le texte. Rédigée par l’auteur, elles sont adressées au metteur en scène, aux acteurs, au lecteur en général. Les didascalies comportent toute la part du texte qui n’est pas le dialogue des personnages sur scène et n‘est pas destinée à être proférée par les comédiens. Elles sont généralement imprimées en italique et/ou sont signalées par des parenthèses. Elles peuvent concerner le décor, les mouvements des personnages, leurs gestes, leurs mimiques, etc. Partie intégrante du texte théâtral, elles sont à lire obligatoirement le jour de l’examen oral et à étudier au même titre que le dialogue lui-même. Selon les époques, les didascalies sont plus moins massives. Les textes originaux de Shakespeare en été totalement dépourvus. Le théâtre classique, extrêmement codifié, en utilise très peu (voir Bérénice ou Phèdre). Le théâtre naturaliste de la fin du XIX° siècle ou le théâtre moderne en font au contraire un grand usage (voir par exemple La Cerisaie de Tchekhov ou Les Chaises de Ionesco). A noter qu’on peut parler de “didascalies internes” lorsque ce sont les répliques des personnages qui, par le jeu de la double énonciation (voir plus loin), renseignent le spectateur sur les conditions dans lesquelles se déroule la scène. Par exemple la réplique “Prends cette chaise et assis-toi.” suppose de facto la présence d’une chaise sur le plateau, montrée par le comédien qui prononce la réplique. Dans ce cas, le démonstratif “cette” a une valeur déictique. Dans Bérénice, plus que les didascalies traditionnelles (« La scène est à Rome»), ce sont les didascalies internes, dans la première réplique d’Antochius, qui permettent d’imaginer l’espace scénique et d’en comprendre l’organisation.

ANTIOCHUS
Arrêtons un moment. La pompe de ces lieux,
Je le vois bien, Arsace, est nouvelle à tes yeux.
Souvent ce cabinet superbe et solitaire
Des secrets de Titus est le dépositaire.
C’est ici quelquefois qu’il se cache à sa cour,
Lorsqu’il vient à la reine expliquer son amour.
De son appartement cette porte est prochaine,
Et cette autre conduit dans celui de la reine.
Va chez elle : dis-lui qu’importun à regret
J’ose lui demander un entretien secret.

Idem dans Phèdre :

PHÈDRE

Que ces vains ornements, que ces voiles me pèsent !

Quelle importune main, en formant tous ces nœuds,

A pris soin sur mon front d’assembler mes cheveux ?

Tout m’afflige, et me nuit, et conspire à me nuire.

  • Double énonciation : c’est la spécificité essentielle du texte de théâtre. On parle de double énonciation parce que la parole au théâtre a au moins deux émetteurs et deux récepteurs à la fois : sur scène, le personnage qui parle s’adresse à un autre personnage, comme s‘il s‘agissait d‘une conversation réelle et naturelle. Pourtant, rien n’est moins “naturel” qu’un dialogue de théâtre. Derrière l’apparence d’une conversation entre deux personnages, on peut considérer que l’auteur s’adresse au spectateur. Dans les premiers moments de la pièce Rhinocéros, l’échange suivant fournit un bon exemple de double énonciation : Vous voilà tout de même, Bérenger. / Bonjour, Jean. (page 14) Apparemment, il s’agit d’un banal échange de prise de contact entre deux personnes. Or, de cet échange, le spectateur – qui n’a évidemment pas le texte sous les yeux – va tirer un grand nombre d’informations utiles : “Le personnage qui a parlé en premier s’appelle Jean. L’autre s’appelle Bérenger. Ils se connaissent tout en se vouvoyant. Les deux hommes avaient rendez-vous. Le deuxième est en retard…”, etc. Ce phénomène de double énonciation s’explique par l’absence, au théâtre, de narrateur susceptible d’apporter les informations nécessaires à la compréhension. Certes, les didascalies peuvent offrir des éclaircissements au lecteur, mais il ne faut pas oublier que le théâtre est écrit pour être joué. Le spectateur n’a pas les didascalies sous les yeux. Ce qu’il apprend, il le construit à partir du dialogue entre les personnages et, éventuellement, à partir de ce que donnent à voir (décor, gestes, mimiques) le metteur en scène, le décorateur et les comédiens. Quand vous analyserez un texte de théâtre, adoptez toujours le point de vue du spectateur et soulignez les effets produits par la double énonciation.
  • Début In medias res: ouverture d’une pièce par une scène prise en cours d’action.
  • Fonctionnement choral : le “choeur” est une invention de la tragédie grecque. Il se compose de personnages représentant une communauté. On parle de fonctionnement choral au théâtre lorsque l’action est commentée par un grand nombre de personnages dont les répliques s’entrecroisent. C’est souvent le cas dans le théâtre élisabéthain. En revanche, on n’en trouve aucune trace chez Racine.
  • Espace scénique : l’espace, visible par le spectateur, où se tiennent les acteurs interprétant les différents personnages. C’est l’espace concret de la représentation dont l’agencement – ce qu’on appelle parfois le dispositif scénique, est généralement confié au scénographe (et/ou au décorateur). Dans le théâtre élisabéthain, l’espace scénique se partage en plusieurs zones de jeu et, d’une scène à l’autre, on peut passer d’une scène d’extérieur (la rue ou la place publique de Vérone dans Roméo et Juliette) à une scène d’intérieur (la chambre de Juliette). Dans le théâtre classique, conformément à la règle de l’unité de lieu, l’espace de jeu est unique. Il s’agit généralement, comme dans Phèdre, d’une salle à l’intérieur d’un palais. Les personnages en sont comme les prisonniers.
  • Espace dramatique : l’espace, non visible par le spectateur, où sont censées se dérouler les actions appartenant à la fable mais que l’auteur a décidé de ne pas   représenter. Par exemple, dans Phèdre de Racine, la mort d’Hippolyte, que la bienséance interdit de montrer, se déroule à l’extérieur de la scène, dans l’espace dramatique (et en l’occurrence à l’extérieur de ce qu’on s’imagine être le palais).
  • Plateau : Synonyme de scène, au sens de lieu et d’espace du jeu.
  • Côté cour, côté jardin : manière traditionnelle au théâtre de désigner les deux côtés de la scène (droite et gauche). Un moyen commode de se souvenir où sont jardin et cour : J-C (Jésus-Christ). Le J de Jésus (et de jardin) est à gauche quand on l‘écrit; le C de Christ (et de cour) est à droite. Ainsi, au premier acte, Bérenger vient de la droite, côté cour, et Jean vient de la gauche, côté jardin.

 

 

 

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