FUNES OU LA MÉMOIRE

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Une des grandes nouvelles de la littérature mondiale du XXe siècle, par le grand écrivain argentin J. L. Borges.

Que se passerait-il si, comme Funes, nous étions incapables d’oublier ?

Le texte intégral vous est fourni ici en format PDF : FUNES OU LA MÉMOIRE

 

« La nouvelle de Jorge Luis Borges, Funès ou la mémoire, présente un personnage incapable d’oublier quoi que ce soit. Son existence, ses pensées, ses perceptions sont parasitées en permanence par un jaillissement de souvenirs d’une précision inutile. Il devient incapable de vivre avec une telle mémoire, qu’il compare à un tas d’ordures, et s’enferme dans une pièce vide pour ne plus rien enregistrer. Dans la réalité, ce phénomène, « l’hypermnésie », existe bel et bien occasionnellement, et dans de moindres proportions, chez certains patients atteints de troubles neurologiques. D’autres sujets souffrent d’un état de stress post-traumatique : autrefois confrontés à un événement particulièrement dramatique et dangereux, ils peuvent être envahis tout à coup par la certitude de sa reproduction imminente. »

Jean-François Marmion, Revue Sciences Humaines, Mars-avril-mai 2008.

La nouvelle de J. L. Borges nous invite ainsi à réfléchir à ce que signifie « penser ». Selon l’auteur argentin, « Penser, c’est oublier des différences, c’est généraliser, abstraire. Dans le monde surchargé de Funes, il n’y avait que des détails, presque immédiats.» Ainsi, une  façon de définir la pensée est la capacité à choisir, à hiérarchiser, à créer des catégories pour se donner une vue d’ensemble ; toutes choses que Funès est incapable de faire car il est en permanence assailli par le flot des informations que lui impose sa mémoire. Il ne peut pas penser par exemple à une catégorie quelconque (mettons une espèce animale – les chiens) car pour lui chaque spécimen est unique (un chien + un chien + un chien, etc.) et il ne parvient pas à accéder à l’idée générale. On peut émettre l’hypothèse que la nouvelle de Borges, écrite dans les années 40, annonce certains dangers comme celui de la sur-information. Le flux continu des informations ne contribue-t-il pas à rendre difficile la réflexion, la prise de recul ?

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