3E DEUX POÈMES D’ARTHUR RIMBAUD

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Le buffet

 

C’est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;

Tout plein, c’est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d’enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand’mère où sont peints des griffons ;

– C’est là qu’on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

– O buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s’ouvrent lentement tes grandes portes noires.

 

Arthur Rimbaud, Poésies, 1870.

 

  1. À quel genre de poème appartient « Le buffet » d’Arthur Rimbaud ?
  2. Quel type de vers le poète a-t-il utilisé ?
  3. Dans les deux premières strophes, relevez tous es adjectifs qualificatifs et classez-les selon leur fonctions grammaticales ?
  4. Commentez librement l’expression « un fouillis de vieilles vieilleries ».
  5. Quelles sont les sensations qui vous semblent dominer dans le poème ? Répondez en vous appuyant sur le texte.
  6. Quel changement énonciatif se produit à la dernière strophe ? Quel effet produit ce changement ?
  7. Commentez librement le dernier vers. Quelle impression peut-il laisser au lecteur ?

 

 

***

 

Ma bohème

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal[1] ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Arthur Rimbaud, Poésies, 1870.

 

  1. Quelles sont les caractéristiques de ce poème : genre, type de strophe, type de vers, rimes.
  2. Quelle est la personne grammaticale qui domine ? D’autres « personnages » apparaissent-ils ? Si oui, lesquels ?
  3. À quel temps sont les verbes. Quelle est la valeur de cet emploi ?
  4. Le style vous paraît-il familier ou au contraire soutenu ? Quelle que soit votre réponse, justifiez-la.
  5. Commentez librement la deuxième strophe.
  6. Comme dans « Le buffet » peut-on dire que le poète évoque un feu d’artifice de sensations ?
  7. Pour finir, en une phrase dites quel est le sujet du poème.

[1]« féal » :  (Personne) qui est fidèle à une autorité supérieure, en particulier à son suzerain, à son souverain.

 

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