RÈGLES DU THÉÂTRE CLASSIQUE

Théâtre classique règles

Théâtre classique : quelques notions clés

Pour l’essentiel, le théâtre classique s’inspire des principes exposés par Aristote (IVème siècle avant J.C.) dans sa Poétique, un traité destiné à établir les grandes règles de fonctionnement de la « fabrication » des œuvres.

Les règles reprises par les théoriciens du théâtre classiques sont les suivantes :

  • Bienséance

Le but visé est l’harmonie de l’ensemble de l’œuvre et l’harmonie avec le public dont il ne faut choquer ni le goût ni la morale.

L’harmonie de l’ensemble passe par la cohérence des caractères et de la construction de l’intrigue qui progresse selon une nécessité logique. On satisfait ainsi à la raison et à la vraisemblance.

L’harmonie avec le public est garantie par le souci du bon goût et par le respect des deux objectifs majeurs de toute œuvre classique : instruire et plaire.

  • Vraisemblance

On peut la définir ainsi : ce qui, à l’époque, est acceptable comme ressemblant au vrai. Cette notion est donc très liée à celle de bienséance : on jugera vraisemblable ce qui paraît logique dans l’enchaînement de l’action et dans la constitution des caractères, quand bien même tout serait fictif. Sur le plan de la représentation, la vraisemblance suppose une harmonie entre l’action et la réalité des spectateurs présents dans la salle. Ceux-ci doivent avoir l’impression d’assister à une « action véritable ». C’est la raison pour laquelle le théâtre classique va se fonder sur la règle des trois unités (que Victor Hugo, deux siècles plus tard, pourfendra dans sa fameuse préface de Cromwell).

  • Unités

La règle des trois unités est fondée sur l’idée suivante : les spectateurs doivent avoir l’illusion d’assister à une action véritable. Cette conviction conduit les théoriciens classiques à proscrire tout ce qui, dans la représentation, pourrait être de nature à rappeler aux spectateurs qu’ils sont au théâtre : un changement de décor, par exemple, ou un saut de plusieurs années dans le temps risquent de rompre l’illusion.

C’est donc la raison pour laquelle le déroulement de l’action dans le temps doit s’éloigner le moins possible du temps de déroulement de la représentation elle-même. La limite fixée pour le temps de déroulement de l’action est de vingt-quatre heures.

L’unité de lieu est le deuxième volet de la règle. Le spectateur prendrait pour un artifice le fait que l’action se déplace d’un lieu à un autre alors que lui-même est installé dans son fauteuil sans bouger.

L’unité d’action, enfin, découle des deux précédentes. Il serait invraisemblable de multiplier les événements dans une durée de vingt-quatre heures et dans un lieu unique. Le théâtre, selon les classiques, ne peut montrer qu’une chose à la fois.

Synthèse réalisée d’après les articles de Georges Forestier, in Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Bordas, 2008.

 

 

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