GRAND-PEUR ET MISÈRE DU IIIE REICH

AFFICHE DU SPECTACLE DONNÉ AU THÉÂTRE DE NESLE (PARIS)

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TEXTE DE PRÉSENTATION DU PROGRAMME DU THÉÂTRE DE NESLE

Sous le nazisme, la peur et la misère affectaient toutes les couches de la société allemande, l’intelligentsia, la bourgeoisie, la classe ouvrière. Il y a certes le courage de la poignée de militants qui, au mépris de tous les dangers, publient une littérature illégale. Mais il y a aussi la capitulation, face à la terreur, d’une trop grande part de l’intelligentsia. C’est ce qu’a voulu montrer Brecht, d’abord à ses compatriotes exilés, autour des années 1938, en écrivant la trentaine de courtes scènes, inspirées de la réalité même, de Grand-peur et misère du IIIe Reich.

« Grand-peur et misère du IIIème Reich » nait en 1934 de la volonté de Bertolt Brecht et de son assistante Margarete Steffin, de rassembler un matériau composé de coupures de presse et de témoignages sur la vie quotidienne en Allemagne sous la dictature hitlérienne. Le titre fait allusion au roman « Splendeurs et misères des courtisanes » de Balzac, et inscrit donc la pièce dans une lignée de peintures naturalistes de la société allemande de l’avant-guerre, brossant un large tableau allant du monde ouvrier à la magistrature en passant par la petite bourgeoisie.

La création de huit scènes aura lieu en mai 1938 à Paris devant un public essentiellement composé d’émigrés. Certaines scènes seront également publiées dans des revues d’émigrés visant à alerter l’opinion publique sur la réalité de la dictature en Allemagne et signalant le danger d’une guerre imminente.

Ce n’est cependant qu’après la Seconde Guerre mondiale que la pièce rencontrera son succès, car elle montre, comme le disait Brecht lui-même, « la précarité évidente du IIIème Reich, dans toutes ses ramifications, contenue uniquement par la force ».

Aujourd’hui encore, « Grand-peur et misère du IIIème Reich » résonne comme un avertissement contre toute forme de système absolu et reste l’un des textes clés du vingtième siècle et au-delà.

C’est un manifeste qui invite à lutter contre toute forme politique basée sur la discrimination et sur la crainte.

BREFS RÉSUMÉS DES PIÈCES RETENUES

La délation
Un homme et sa femme tendent l’oreille afin d’entendre l’arrestation d’un de leurs voisins qu’ils ont dénoncé car ce dernier écoutait des émissions étrangères à la radio.

La croix blanche
Un soldat de la SA prend une bière dans une cuisine où travaille sa fiancée, une jeune femme de chambre, en compagnie de la cuisinière et du chauffeur. Arrive le frère de la cuisinière, un chômeur aux idées clairement opposées au régime. S’ensuit un jeu malsain au cours duquel le SA tente de piéger le chômeur dans le but de l’arrêter.

A la recherche du droit
Un juge se perd dans les méandres d’une justice où «est juste ce qui sert les intérêts supérieurs du IIIème Reich», dans une affaire mettant en cause un groupe de trois S.A, un bijoutier juif et un chômeur.

La femme juive
Une femme s’apprête à quitter son mari pour le protéger des représailles raciales qu’il subit pour avoir épousé une juive et prépare le discours d’adieu qu’elle lui adressera. Parce qu’elle est juive, elle se voit privée de tous les droits les plus fondamentaux, y compris celui d’être aimée par l’homme qu’elle a épousé.

Le mouchard
Un couple panique lorsqu’il s’aperçoit que son enfant a quitté la maison subrepticement alors qu’il venait d’émettre quelques critiques à l’égard du régime, car l’enfant se plait beaucoup aux jeunesses hitlériennes.

Placement de main d’oeuvre
Une femme vient d’apprendre la mort de son frère, pilote, officiellement décédé lors d’un «exercice de manoeuvre», mais dont la mort est suspecte. S’ensuit un débat sur l’armement de l’Allemagne.

Referendum
Des ouvriers écoutent à la radio l’entrée triomphante d’Hitler en Autriche suite au référendum sur le rassemblement des peuples allemands, et décident d’intervenir en s’engageant dans la résistance et en distribuant des tracts contre le régime.

 

SUJET DE RÉFLEXION

B. Brecht écrit dans un de ses ouvrages théoriques : « Depuis toujours, l’affaire du théâtre, comme d’ailleurs de tous les arts, est de divertir les gens. » Pensez-vous que le divertissement soit la seule finalité de Brecht quand il écrit Le mouchard et Grand-Peur et misères du IIIe Reich ?

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