3e RÉDACTION HUGO : UN EXCELLENT DEVOIR

Victor Hugo  est un célèbre auteur français du XIXème siècle reconnu comme étant un écrivain engagé. Ses combats furent nombreux et parfois même le poussèrent à l’exil. Son engagement pour l’abolition de la peine et de mort mais aussi pour le droit à l’éducation pour tous était important. Dans Écrit après la visite du bagne (1881), Victor Hugo exprime l’idée que  les délits et les crimes sont dus à l’absence ou au manque d’instruction.

« Songeons-y bien, l’école en or change le cuivre,
Tandis que l’ignorance en plomb transforme l’or. »

Toutefois, dès 1834 et la parution de son roman Claude Gueux, cette idée était déjà évoquée et nous pouvons nous demander si nous partageons l’avis de Victor Hugo à ce sujet. Est-ce que l’éducation d’un individu peut le prévenir de tomber dans la délinquance et ou le crime ? Personnellement, je partage cette opinion même s’il faut peut-être aussi la nuancer. Nous évoquerons donc tout d’abord les bienfaits de l’éducation pour l’individu puis ce que l’éducation peut apporter à l’échelle d’une société.

En 1882, l’instruction devient obligatoire pour tout individu âgé de 3 à 13 ans grâce à la loi du 28 mars de Jules Ferry. Pourtant, dès 1833, les communes de plus de 500 habitants avaient l’obligation de posséder une école. Beaucoup de romans de Victor Hugo se situent avant ces dates. C’est le cas notamment de Claude Gueux. Dès les premières lignes du roman, le lecteur apprend que le héros n’a pas bénéficié d’une éducation scolaire « L’ouvrier était capable, habile, intelligent, fort mal traité par l’éducation […] ne sachant pas lire et sachant penser ». Claude Gueux est un homme intelligent mais sans instruction et l’on peut imaginer que s’il avait été instruit, il aurait vécu autrement. Il aurait pu avoir un meilleur travail, plus stable et mieux payé. Sa vie aurait été moins précaire et sa famille mieux à l’abri. N’ayant pas été instruit, Claude Gueux doit recourir au vol pour nourrir sa femme et sa fille. Comme Victor Hugo, nous pensons que l’éducation permet de nombreuses choses, que grâce à elle, nous pouvons nous extraire de notre condition sociale. Elle nous permet d’évoluer positivement, d’obtenir des diplômes. Dans Les Misérables (1862), le personnage de Fantine doit vendre ses cheveux puis ses dents et devenir fille de joie pour subvenir aux besoins de son enfant. C’est ce que la femme de Claude Gueux finira par faire pour les mêmes raisons. Peut-être n’auraient-elles pas eu à le faire si elles avaient été instruites. Le personnage de Denise dans Au bonheur des Dames de Emile Zola (1883) semble être un contre-exemple puisque bien qu’orpheline et pauvre, elle a su préserver sa chasteté malgré les coups durs de la vie. Son changement de classe sociale sera uniquement dû à un mariage d’amour avec Octave Mouret, riche propriétaire d’un grand magasin.

Mais l’école, en plus de nous transmettre des connaissances, nous éduque c’est-à-dire qu’elle nous apprend à nous comporter. Un homme instruit a plus de chances de ne pas tomber dans le crime comme il est écrit dans la première strophe du poème Ecrit après la visite du bagne : « Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne. 

Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne 

Ne sont jamais allés à l’école une fois, [….] 

C’est dans cette ombre-là qu’ils ont trouvé le crime. [….] 

Où rampe la raison, l’honnêteté périt. »

Dans Claude Gueuxle héros est poussé au délit quand il vole mais il est le seul responsable de sa décision de tuer le directeur des ateliers. Nous pouvons penser que s’’il avait été instruit, il ne serait pas tombé dans le crime et aurait mieux gérer la situation. Il n’aurait pas pensé avoir le droit de juger et de condamner quelqu’un comme ce fut le cas : « le condamné Faillette lui cria en riant : – Que diable fais-tu donc là, Claude. – Je juge quelqu’un. »

A l’inverse, le directeur des ateliers est « un homme bref, tyrannique, obéissant à ses idées […] ne raisonnant avec personne, pas même avec lui. » Nous pouvons supposer que l’instruction qu’il a reçue  lui a permis d’avoir cet emploi mais pas la capacité de réfléchir. Son injustice est perçue comme un crime. Néanmoins l’éducation reste essentielle dans la vie d’un homme et encore plus dans celle d’une femme au XIXème siècle. Dans son poème Écrit après la visite du bagneVictor Hugo a écrit « Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, [….] L’école est sanctuaire autant que la chapelle. » C’est grâce à l’instruction qu’elle avait reçue que l’héroïne de Jane Eyre bien que pauvre et orpheline parvient  à trouver un emploi de gouvernante et ainsi à s’extraire de sa condition sociale. Malgré les épreuves, elle a su faire des choix et rester honorable.

Les personnages que nous venons d’évoquer vivaient tous au sein d’une société avec ses lois et parfois ses injustices.

Victor Hugo a voulu nous faire comprendre que ces injustices s’expliquaient le plus souvent par l’absence ou le manque d’éducation d’un grand nombre d’individus au sein d’une société. Les gens peu instruits sont faibles et facilement influençables, une seule personne peut manipuler la foule. Dans Claude Gueux, l’écrivain le dit très tôt dans le roman « Mettez un homme qui contient des idées parmi des hommes qui n’en contiennent pas, au bout d’un temps donné et par une loi d’attraction irrésistible, tous les cerveaux ténébreux graviteront humblement et avec adoration autour du cerveau rayonnant. » Nous sommes d’accord avec cette idée car de nombreux et tristes exemples dans l’Histoire nous l’ont prouvée. Une société peut commettre des délits en termes d’injustices et d’inégalités. Le directeur des ateliers, dans Claude Gueux, en est le symbole. Ces punitions sont sans fondement et disproportionnées et personne n’est là pour l’en empêcher.

Dans Claude Gueux et plus tard dans Les Misérables, Victor Hugo nous démontre que sans éducation et donc comme nous l’avons expliqué dans la première partie, sans réflexion, la société des hommes ne peut correctement évoluer. Les délits sont nombreux et injustement punis « il y a deux phases principales [….]  et sous ces deux phases, deux questions, question de l’éducation, question de la pénalité ;  entre, ces deux questions, la société toute entière ».

La société, regroupement d’individus,  peut également se rendre coupable de crimes. Le plus grand d’entre eux selon Victor Hugo est la peine de mort. La cruauté de l’acte et son inefficacité sont clairement exposées.  Ainsi, toujours dans Claude Gueux, quand un jour est fixé pour l’exécution de Claude, il est question d’un choix fait en fonction de la société « On avait choisi ce jour-là pour l’exécution [….] car il paraît qu’il y a encore en France des bourgades à demi sauvages où, quand la société tue un homme, elle s’en vante. »  Victor Hugo parle de « bourgades à demi sauvages » c’est-à-dire d’hommes sans éducation, non correctement instruits. Quelques lignes après, l’écrivain  démontre l’absurdité et l’incohérence de la foule qui assiste à l’exécution d’un homme condamné pour meurtre et qui ensuite manque de tuer un employé des impôts. « Admirable effet des exécutions publiques ! Ce jour-là [….] les gens du marché s’ameutèrent [….] et faillirent massacrer un employé de l’octroi. Le doux peuple que vous font ces lois-là ! » Les hommes et les femmes qui composent la foule n’apprennent rien de ce qu’ils viennent de voir et leur manque d’instruction ne leur permet pas de réfléchir par eux-mêmes. Ces hommes et ces femmes sont la société.

Je suis donc de l’avis de Victor Hugo lorsqu’il explique que l’éducation peut prévenir les crimes et/ou les délits.  L’éducation nous donne une chance de changer de classe social, d’évoluer. Elle nous apprend aussi à nous comporter, à vivre avec les autres.  Bien sûr ce n’est pas le cas de tout le monde. Des personnages comme Jean Valjean (les Misérables) ont réussi à changer leur niveau de vie au sein de la société et d’autres personnages comme M.D. (Claude Gueux) sont allés à l’école, ont trouvé un emploi mais ne réfléchissent pas avant d’agir. Tout ceci ne concerne que des individus au cas par cas. Lorsqu’une société regroupe ces individus qui n’ont pas été éduqués cela peut causer beaucoup d’injustices. Quand une personne dirige une foule qui a été mal, peu, ou même pas du tout éduquée, elle peut la manipuler. La société cause alors, elle aussi, de nombreux crimes ou délit comme la peine  de mort. Les gens, n’étant pas éduqués ne réfléchissent pas par eux-mêmes et n’apprennent  rien de ce qu’ils vivent. L’éducation est peut-être la solution à tous ces crimes et délits.  C’est ce que je pense avoir compris  à la lecture de cette phrase issue du roman Claude Gueux « Cet homme, certes, était bien né, bien organisé, bien doué. Que lui a-t-il donc manqué ? Réfléchissez. »

 

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